Absurde.

Je crois que je ne me connais pas. Et je crois que personne ne me connait. J'ai l'impression d'être plusieurs personnes qui se manifestent chacune à leur tour, partent, reviennent, s'en vont à nouveau... Non, n'ayez crainte je ne suis pas schizophrène. Je suis juste... perturbée, parfois. Certaines fois j'ai toujours le mot pour rire, d'autres on me regarde d'un air blasé et on se demande si je suis capable de dire quelque chose de drôle. Ou je bug, tout simplement, j'ouvre la bouche et je ne sais que dire. N'avoir rien à dire. Je pense que c'est la pire chose du monde. Être condamnée au silence par absence de mots. Absence de mots... Oui, c'est terrible. Rester coite, se creuser la tête, s'énerver, et finir par se renfrogner. Toute seule. C'est absurde. Je sais. Et c'est peut être bien ça, le pire.
L'Agressive est souvent présente, elle arrive, casse tout, et s'en va. Laissant un véritable bordel. Comme un ouragan. L'Hypersensible arrive pour faire le ménage, elle essuie, range, répare les pots cassés. C'est son truc. Puis la Silencieuse, celle qui prend de bonnes résolutions, qui fait tout pour prendre la vie du bon côté et ne pas être confrontée à une nouvelle situation embarrassante. Parce que les situations embarrassantes, ça, elles connaissent toutes. C'est inné, comme un petit nuage gris au dessus de la tête qui ne s'en va jamais. Oui, voilà, exactement. La Silencieuse après plusieurs semaines, voire mois de règne, est chassée par la Joyeuse, celle qui fait rire, qui est toujours pleine de joie, qui discute avec tout le monde. Elle est presque parfaite. Mais malheureusement elle ne demeure jamais longtemps, elle fait des passages éclairs, histoire de remonter le morale à tout le monde et laisse ensuite la place à l'Idiote.
l'Idiote, je ne pense pas avoir besoin de l'expliquer, tout est dans son nom. Mais je vais quand même éclaircir le brouillard de vos magnifiques esprits qui ont lu jusque là. L'Idiote c'est celle qui ne fait rire personne, qui fait des blagues dont on ose même pas parler tellement... Enfin, vous me comprenez. L'Idiote glousse bêtement pour tout et n'importe quoi, dit toujours n'importe quoi. En gros, c'est comme un boulet, elle ne sert à rien et on s'en passerait très bien. Oui sauf que. Sauf que c'est la plus présente, celle qui prend le plus de place, et que personne n'arrive à chasser. Parce que l'Idiote n'a pas de cerveau non plus, elle dit des stupidités sans s'en rendre compte, et casse tout le travail de la Sérieuse.
La Sérieuse, parlons-en, régit un peu tout le monde. Elle ramène les brebis égarées et calme les esprits. Elle est une bosseuse invétérée, et quand elle s'y met, c'est elle qui décide, car elle veut bien faire. En fait non, elle veut que tout soit parfait, c'est tout. La Sérieuse énerve tout le monde, parce qu'elle est un peu meneuse sur les bords. Mais au moins, la Sérieuse ne dit pas de bêtises, et certains sont très impressionnés par elle. N'oublions pas la Tendresse, qui prend beaucoup de place, la Tendresse se jette dans les bras de tout le monde, et est en demande continuelle de câlins, de bisous, d'attention, de tendresse pour faire simple.
La Jalouse, elle, est insupportable. Elle regarde les personnes en se mordant les lèvres, dévorée par des sentiments contradictoires, elle est constamment présente, glissée dans un petit coin. L'Ecrivaine, quant à elle, est une éternelle insatisfaite. Elle n'aime jamais ses productions, ou très rarement, elle a constamment besoin de conseils, de commentaires, de critiques. La Mélancolique, qui regarde toujours le passé, des larmes dans les yeux, en écoutant des chansons d'avant. Elle n'est pas souvent là, mais elle fait du bien quelques fois. Il y en a tellement, je ne pourrais toutes les citer, mais si ça me revient, je ne manquerai pas d'en rajouter.




J'arrête de parler de moi
à présent.

# Posté le samedi 26 septembre 2009 15:00

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 14:53

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Ca faisait longtemps.

Piégée. C'était le mot. Depuis le début, j'avais été piégée. Étais-je donc d'une si grande naïveté ? Il fallait le croire. Je me détestais. Je la détestais. Assise, face à mon écran d'ordinateur, je ne savais à quel sentiment me laisser aller. La haine ? La tristesse ? Cette dernière était peut être la meilleure option. C'était celle qui s'imposait directement à moi, du moins. Car soudain, j'éclatais en sanglot. Des spasmes violents agitaient tout mon corps, des cris étouffés s'échappaient de ma bouche, des larmes salées inondaient mon visage. Non, non, elle ne méritait pas que je pleure pour elle, elle serait trop heureuse. Mais que faire d'autre ? Je ne pouvais plus me contrôler. Et cet écran, cet écran où ses messages plein d'ironie pleuvaient. Dégoulinaient de mes yeux rougis pour former un long sillon sur mes joues.
A présent rien n'aurait pu m'arrêter. J'étais paralysée. Je n'avais plus de corps, plus de raison. Seulement des sentiments. Des sentiments douloureux. Mes mains s'étaient crispées sur le bureau, mes ongles s'enfonçaient dans le bois. Je n'avais même pas mal, non, je ne pouvais pas ressentir de douleur physique tant celle de mon âme était puissante. Elle. C'était sa faute. Sa faute à elle. Entièrement. Elle qui partageait ma vie depuis peu, mais qui connaissait pourtant tout de moi. Je me rendais compte à présent que je ne savais pratiquement rien d'elle. Mes peines, mes échecs, toutes mes confidences servaient en fait à alimenter son esprit sadique. Elle avait profité de ma faiblesse, trahi ma confiance. Elle m'avait tout pris. Mes amis, mes parents, mon amour. Ses doigts s'étaient refermés sur tout ce que j'avais, tout ce qui faisait ma vie, mon bonheur. Ses ongles avaient lacéré mon âme, mon être. Elle s'était dite mon amie, et à présent elle jouissait de ma descente aux enfers, elle éclatait de son rire machiavélique, m'envoyait en plein c½ur ses mots, ceux qui faisaient le plus mal.
Dans un élan de fureur je me levai, envoyai valser l'écran, le bureau, la chaise. Je me précipitai sur ces rideaux qu'elle m'avait aidée à choisir, les arrachai avec une telle hargne que mes ongles s'arrachaient, mes ongles soigneusement peints du vernis qu'elle m'avait conseillé. Du sang chaud s'écoulait sur mes mains. Je hurlais. Je ne voulais rien, plus rien qui ne vienne d'elle. Je me précipitai sur le dissolvant, versai la bouteille sur mes mains, ignorant le sang, la douleur. Avec un coton je m'acharnai à enlever ce maudit vernis. Elle avait bien réussi son coup, l'ordure, partout autour de moi il n'y avait qu'elle, elle, et encore elle. J'étais hors de moi, mon esprit s'était détaché de mon corps, tous mes membres tremblaient d'une rage hors du commun, je me jetai sur tous mes meubles, je saccageais tout l'appartement. J'arrachai le tissus du fauteuil, je déchirai mes vêtements, je jetai à terre les vases, bibelots. Et je m'époumonais, j'évacuais toute cette souffrance. J'avais perdu la raison. J'étais folle. Folle à lier.
Soudain, je me rendis compte du carnage autour de moi. J'avais mis l'appartement complètement à sac. Et j'étais là, debout au milieu du néant, les mains en sang, le c½ur en lambeaux. Les larmes jaillirent encore, intarissables. Je m'écroulais. Je m'étalais sur le sol, sentant dans mon dos les débris de verre qui s'enfonçaient dans ma chair. Je fermai les yeux, tentant de reprendre ma respiration. Se calmer. Compter jusqu'à dix. Un. J'avais été stupide, tout détruire n'arrangerait rien, ne réduirait pas ma souffrance. Deux. A présent je devais me venger. Trois. Je suis prête à employer tous les moyens possibles pour ça. Quatre. Une telle personne ne mérite pas d'être sur Terre. Cinq. Je ferai tout ce que je peux pour y remédier. Six. C'est une mission, oui, il le faut. Sept. Je le sais. Huit. Je ne me porterai pas mieux tant que ce ne sera pas fait. Neuf. Je ferai ce que je dois faire. Dix. Je la tuerai.



# Posté le dimanche 30 août 2009 12:04

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 14:54

Ca me ferait plaisir.


Je t'ai ajoutée.. =)
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Tout, mais pas n'importe quoi.


Dites moi des choses.


Je veux des mots, des phrases, des textes.



# Posté le samedi 15 août 2009 14:18

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 15:28

Envie de poster un article.


J'aimerai tellement faire quelque chose de bien, sans avoir besoin d'aide.


Je me suis toujours demandée... Comment écrire un récit original ? Sans l'aide de personne, juste de notre simple imagination. Ca me paraît totalement impossible, et pourtant.. Certaines personnes y arrivent facilement. Ceux qui ont un vrai don ? Oui, peut être. Ceux qui nous font ressentir des émotions avec des mots simples, ceux qui nous transportent ailleurs, ceux dont on ne voudrait jamais s'arrêter de lire les textes. Je suis admirative devant ces personnes. L'écriture est une des choses les plus difficiles que je connaisse. Faire quelque chose de bien est rare, alors faire quelque chose de parfait est quasiment impossible. C'est désolant de n'avoir aucune imagination, de n'avoir rien à raconter, de bien, du moins. Désolant et frustrant. Et en écriture, on est souvent frustré. Je parle pour moi, évidemment, pour les autres je n'en sais rien.
La plupart des gens ne font des commentaires que pour dire que c'est bien, que c'est extra, sans approfondir. Un commentaire qui me ferait plaisir serait une analyse globale, avec les défauts, les points à améliorer, ce qu'il ne faut surtout pas changer, quel effet le texte a produit... Etc. Bien sûr, ça fait très plaisir d'entendre des compliments sur son oeuvre, mais parfois je donnerai tout pour qu'on me fasse des critiques, qu'on me donne des conseils.
Enfin, chacun sa façon de faire et de commenter, évidemment. Certains ont un vrai talent, et le plus souvent ils l'ignorent.



D'ailleurs, c'est peut être mieux ainsi.


C'est impossible. Dommage.

# Posté le vendredi 14 août 2009 16:03

Modifié le samedi 15 août 2009 13:54